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Histoire et patrimoine

Un peu d'histoire - Il était une fois...

L'origine du nom tiré de la bibliographie de Viuz-en-Sallaz « l'abbé Edmond Rollin » Monographie de Viuz-en-Sallaz.

virage-st-franoisL'origine du mot Viuz-en-Sallaz nous paraît assez obscure, surtout du fait de la réunion de Viuz et Sallaz qui ne semblent pas être de la même époque. Le registre genevois lui donne les formes suivantes : Viu, Vyu, Vieu, Sala, Sallac. La forme Viuz-en-Sallaz n'est venue que tardivement. Voici quelle en est l'étymologie, d'après les auteurs les plus compétents : Viuz viendrait du mot latin "Via" signifiant voie, route.

Le Chanoine Ducis, dans ses questions archéologiques et historiques sur les Alpes de la Savoie 1871, parle d'une voie romaine allant de Marignier à Bonne, passant par Viuz, et se prolongeant d'après Albert Beaumont, jusqu'à Nernier (colonia Nerniensis). Sallaz proviendrait du mot germanique "Sala" signifiant maison, dans les lois barbares. Ainsi Viuz-en-Sallaz, nom latin accolé à un nom du nord, voudrait dire la voie romaine traversant les terres nobles, la route seigneuriale.

Nous trouvons également, dans le département, Viuz-la-Chiésaz et Viuz-Faverges qui furent traversés par des routes romaines. Viuz-en-Sallaz: l'histoire le mandement de Thiez. Le mandement de Thiez appartenait aux seigneurs de Faucigny jusqu'à ce qu'Ardutius, 71e évêque de Genève, fils de Rodolphe et frère d'Aimon, sires de Faucigny, frère de Ponce abbé de Sixt, en hérite et le lègue à ses successeurs, évêques de Genève.

Le mandement resta terres de l'évêché de Genève jusqu'à la Révolution Française.

A plusieurs reprises les princes-évêques de Genève vinrent séjourner dans leur château de Thiez. En 1607, lors d'un de ses séjours dans son mandement, saint François de Sales écrit à sainte Jeanne de Chantal :

viuz-le-mole"Je suis ici, à Viuz, qui est la terre de mon évêché; or, les sujets étaient anciennement obligés, par une reconnaissance formelle, de faire taire les grenouilles des fossés et marécages voisins pendant que l'évêque dormait.Il me semble que c'est une dure loi, et pour moi, je ne veux point exiger ce devoir : qu'elles crient tant qu'elles voudront, pourvue que les crapauds ne me mordent pas, je ne laisserai de dormir si j'ai sommeil." En souvenir de la protection et des bienfaits reçus du saint Evêque, Viuz lui fait ériger en 1896 une statue monumentale, de 2 m 40, en bronze et placée sur un piédestal de 3 m portant l'inscription: "A notre Compatriote - A l'illustre Ecrivain - Au saint Docteur"

En l'absence de l'évêque, un vidomne héréditaire gère le mandement (on trouve leurs traces de 1227 à 1309), puis se sont des châtelains nommés par l'évêque qui ont en charges le mandement tant au niveau administratif que judiciaire. Ils sont assistés de métraux, juges et officiers subalternes. On connaît la majorité d'entre-eux depuis 1304 jusqu'à la révolution.

LES MEULIERES DU MONT VOUAN

Les truelles chantent sur le rocher et le ballet des brouettes évacue les déblais, au rythmefouiles_vachat_2 d’un voyage toutes les deux ou trois minutes. Pendant un mois, en juin 2010, une trentaine d’étudiants en histoire et en archéologie de l’université de Grenoble fouille l’entrée et le fond des meulières de Vachat et de la Grand’Gueule. Ces splendides souterrains de pierre, même s’ils viennent d’être classés Monuments Historiques, ont encore tant de choses à raconter. De quand datent-ils ? Par qui et comment ont-ils été exploités ? Combien de meules ont-ils produits et jusqu’où partaient-elles ? Chaque jour révèle des fragments de leur histoire. Pour la première fois depuis des siècles, leur plancher de pierre revient peu à peu à la lumière du jour, comme vous ne l’avez jamais vu. Là où le sol n’était que sable, surgit un tapis de meules ébauchées, des murs destinés à retenir les montagnes de déblais, et même des outils perdus par les artisans d’antan. Une foule de vieux procès remonte aussi à la surface ! En plus de la fouille, les chercheurs grenoblois explorent en effet les archives à Viuz, à Annecy, Chambéry, Genève, Lausanne, Turin, et découvrent que les richesses de Vouan suscitèrent les convoitises et bien des conflits entre les communes de la vallée Verte. Au total, deux ans de recherches sont prévus, qui mobiliseront un avion, un scanner dont les millions de rayons laser restitueront les chambres souterraines en 3D, et plus d’une cinquantaine de personnes dans ce qui sera le plus grand chantier de fouilles de meulières mené jusqu’ici en Europe. Des efforts à la mesure des exploits accomplis par nos ancêtres pour disposer chaque jour de la meilleure farine et du meilleur pain possible, et que méritaient bien les plus belles carrières de meules actuellement connues dans le monde.

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Alain Belmont
Professeur d’histoire moderne à l’université de Grenoble
Chercheur au LARHRA (laboratoire 5190 du CNRS)